SINGAPORE OPEN 2016 : En finale, Intanon rayonne encore !

Publiée par Sylvain Nalet le dimanche 17 avril 2016 à 18:56
Ratchanok
Crédit photo : Badmania.fr

Amputé d'une finale suite au forfait de Matsutomo en doubles dames, l'Open de Singapour , dernier Susperseries du sprint à la qualification olympique, a tout de même délivré son lot d'émotions ce matin. Sans bouleverser la liste des qualifiés, qui sera figée dans deux semaines, cette ultime journée de combats dans l'arène du Singapore Indoor Stadium a permis à la pépite thaïe Ratchanok Intanon (3) de laisser une nouvelle empreinte dans les livres d'Histoire du badminton, et en prime, de s'installer dans le fauteuil de n°1 mondiale. Tandis que les favoris du double assumaient leur rang, le revenant indonésien Sony Dwi Kunoro signe la surprise de la semaine et un comeback remarquable avec la conquête du simple hommes.

Nouvelle passe de 3 dans le livre des records pour Intanon

Entre la pression consécutive à son titre mondial en 2013, les blessures à répétition, les doutes, la concurrence accrue, et dehors de son trophée de championne d'Asie en 2015, la jeune prodige thaïlandaise Ratchanok Intanon s'était montrée relativement discrète depuis sa couronne mondiale de Guangzhou.
Mais avait conservé les avant-postes du gratin mondial, et ses facultés de tombeuse de records. Triple sacre mondial en juniors, plus jeune championne du monde junior à 14 ans, puis chez les seniors à 18, plus jeune détentrice d'un titre en Superseries (avant d'être détrônée par Yamaguchi, sa victime hier), qui dit mieux ? A 21 ans, elle imprime à nouveau sa marque au sommet de la planète badminton en devenant la première joueuse de simple à remporter 3 titres d'affilée en autant de semaines sur le circuit phare de la BWF.

Un scenario loin d'être acquis dans sa finale du jour face à Sun Yu, la tenante du titre de la ville Etat. Après 3 semaines harassantes et une folle spirale de victoires commencée en Inde et en Malaisie, et qui l'ont vu notamment vaincre Li Xuerui et Wang Yihan, maintenir haut niveau technique et fraîcheur physique relevait de la gageure. On l'avait déjà vue entamée dans son second set hier face à la véloce Yamaguchi. On a de nouveau constaté les dégâts de ce stakhanovisme acharné aujourd'hui dans le premier set, où les attaques piquées de fond de court de la grande Chinoise ont énormément gêné Intanon, cette dernière manquant cruellement de rythme et d'offensive. Réappropriation de l'avant du court, travail de sape et lucidité ont délivré la virtuose thaïe, également aidée par les errements de la jeune Sun Yu (18-21 21-11 21-14).

Au delà de ce nouveau record, de l'explosion de son compteur en Superseries (elle en détenait 2 jusqu'alors : Inde en 2013 et Indonésie en 2015) et du statut de n°1 mondiale qu'elle chipe in extremis à Carolina Marin, les performances inouïes de cette entame d'année olympique replacent la Thaïlandaise au centre de l'échiquier brésilien. Réalisant à peine qu'elle vient de prendre les commandes de l'élite, ses déclarations alors qu'elle est encore sur le court sont sans ambiguïté : « J'ai essayé de faire de mon mieux aujourd'hui, mon objectif est devenir n°1 mondiale. Je sais désormais que je peux l'atteindre. Je veux également ramener l'or olympique pour mon pays (…). C'est la première fois que je remporte 3 tournois d'affilée, et je me sens plus en confiance maintenant. Je vais me reposer et me préparer pour les prochaines échéances. » A bon entendeur...

Sony
Crédit photo : Badmania.fr

Singapour, terre de miracles pour le simple indonésien

Les dieux du badminton indonésien ont du faire escale à Singapour et bénir l'endroit, la majorité des gloires historiques du simple y ont gravé leur nom : Wiranata, Arbi, Hendrawan, Hidayat. Il se confirme désormais que c'est également un temple pour la résurrection des convalescents des natifs du pays du volant roi. En effet, peu épargné par les blessures, Simon Santoso avait pavé la voie il y a deux ans en remportant en ce même lieu un Superseries en étant issu des qualifications, une première historique.

Egalement abonné à l'infirmerie, Sony Dwu Kuncoro, ténor de la décennie des années 2000, a réédité l'exploit aujourd'hui, après avoir étouffé Lin Dan en demies. Pourtant, dans la famille des « rameurs », il avait tiré en finale Son Wan Ho, pas le client facile. Mais à bientôt 32 ans, visiblement toujours en délicatesse avec son dos, sérieusement harnaché, le colosse de Java a rapidement imprimé sa puissance et son touché sur la rencontre. Alors que la résistance et la défense d'acier du n°1 coréen font basculer la 2è manche en sa faveur, l'expérience et la volonté du médaillé de bronze d'Athènes 2004 le dirigent tout droit vers un sacre inattendu (21-16 13-21 21-14), particulièrement en cette période où le lustre des anneaux olympiques est en ligne de mire. Loin de cet objectif, des structures fédérales de la PBSI, et au ranking mondial, Kuncoro s'offre une incroyable victoire personnelle dans son long chemin de croix, et son 5e titre en Superseries, le dernier datant de 2010… à Singapour.

Prêt à s'extirper du creux de la vague, So Wan Ho signe néanmoins là sa meilleure performance depuis son dernier titre en 2014, et dépoussière son costume d'outsider.

Kim
Crédit photo : Badmania.fr

Les doubles verrouillés par les favoris

On conçoit que suite à sa légère entorse en demi finale hier, et pour préserver son capital santé en vue d'échéances plus capitales, Matsutomo ait préféré déclarer forfait en double dames avec Takahashi (1), laissant la victoire à Polii/Maheswari (2).

Le chapitre de l'inattendu s'arrête à peu près ici pour les doubles.
La première finale à ce niveau des jeunes japonais Kamura/Sonoda en constitue le seul et timide autre. Mais leur solide défense a été martyrisée par le jeu d'agression constante des stars olympiques Fu/Zhang (4), qui ont dû néanmoins s'employer et surtout s'appliquer, pour conclure (21-11 22-20). Les leaders du double de l'empire du milieu s'adjugent enfin leur deuxième titre en Superseries après une année 2015 vierge, et sauvent la CBA de la bulle sur cette 4éme étape du circuit.

Enfin en mixte, dans le seul match entre deux têtes de série, si la Corée stoppe l'hémorragie de titres à Singapour depuis 2003 grâce aux vainqueurs des derniers IFB, Ko Sung Hyun/Kim Ha Na (3 – en photo), leur net succès du jour conforte également le statut de poulidor du mixte chinois pour Xu/Ma (4). A priori pas de quoi inquiéter les vieux briscards de la CBA en vue de Rio : leur finale les replace devant leurs compatriotes et concurrents Liu/Bao, synonyme de 2e ticket qualificatif pour le mixte chinois.

A confirmer la semaine prochaine à la maison avec le Grand Prix Gold des China Masters, dernière étape majeure pour l'élite mondiale avant le verdict final des championnats continentaux, épilogue de la course à la qualification pour Rio 2016.

Les résultats du Singapore Open 2016 ICI

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  • FransV
    Le 17/04/2016 à 21h49 (0)
    Fu/Zhang enfin au niveau attendu ?
  • Ivan Cappelli
    Le 18/04/2016 à 8h04 (0)
    À suivre :) ce n'est pas encore l'assurance tout risques, mais il va bien falloir qu'une paire chinoise se détache pour prendre le leadership !